Georges (Clooney) était en moi ce matin.
Hier soir, en tentant d’accéder au proxy de mon bureau pour pouvoir visiter des sites web normalement gentiment reconduit à la frontières par le Great Fire Wall (oh que c’est mal), j’obtiens une inquiétante fin de non-recevoir.
J’ai dis inquiétante ? Cela le devient d’autant plus quand mes tentatives d’accès à distance au réseau de l’entreprise se soldent par un mutisme des plus total.
Je n’en dors pas moins des plus profondément, d’un sommeil sans rêve, dont j’ai le secret.
Au matin (que dis-je : à l’aube), au bureau, le constat est sans appel : le serveur Linux qui nous sert de routeur a rendu l’âme.
Toutes mes tentatives de réanimation sont sans effets. Le bougre semble sans vie (seuls quelques tressautements sur l’électro, faisant probablement échos à mes massages).
L’autopsie me parait inévitable (aucun signe apparent de maltraitance). Le malheureux semble certes mal entretenu (ce n’est pas le trop plein d’hygiène qui l’a étouffé), mais tous semble être à sa place.
Ah, à y regarder de plus prêt … mais … oui, voilà ! Ici, là-même où l’air devrait circuler pour refroidir le bonhomme brassant sans relâche à longueur de journée des paquets de données qui, sans lui, seraient bien incapables de retrouver leur chemin dans les limbes du réseau (oui, oui quand même, c’est la Chine ici), là-même donc, un tendon avait lâché. Le poumon n’alimentant plus le cerveau, un mécanisme de survie lui commande de s’évanouir. La nature est bien faite. Mais la nature, en Chine, est fragile. Si, si.
Ah bah, y-a qu’a
regarder mon bon monsieur, le même ostrogoth de la famille Intel s’en sort mieux
que feu notre ami made in China.
(Nous omettrons ici de parler de la localisation des usines de fabrication d’Intel,
qui mettrait à mal toute ma théorie)
Oui, enfin, n’allons pas si vite en besogne, ne l’enterrons pas sans une dernière tentative de retour à la vie.
La main tremblante (trop plein de café, et pas d’émotion, n’exagérons rien tout de même), je me lance dans une opération de transplantation/greffe des plus délicates (venant de deux lignées différentes, la compatibilité n’est pas garantie).
Au moment de relancer le cœur (oui, oui, il n’en a qu’un, ce n’est qu’un routeur bon sang !), le doute m’assaille : à jouer les Dr. Frankenstein ne risquerais-je pas de créer un monstre ?
Mais il est déjà trop tard, la bête reprend vie.
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